mardi 12 août 2008
FELURE
Fêlure
Sur le bord de l’horizon d’acier
Un très fin coup
La pointe d’un ciseau
Un éclat de givre fendu
Si fine aiguille glacée
Ligne pure d’un infini
Entre un gris très clair
Et le bleu sans limite
Entre l’asphalte et le granit
Le métal contre la glace
Engourdi dans les nues
L'âme mise à nu
Des glacis du ciel
Perdu sans ailes
S’effondre un ange
De l'infime fêlure
Viendra-t-elle
Alors,
Sombre et perdue,
L'ombre éperdue
Pourra-t-il trouver
Parmi les flocons
La flamme?
Sur l’acier
Des reflets dorés ?
Au bout du froid,
Le feu ?
Au cœur d'une larme
Le sang qui bat ?
Dans les entrailles poudreuses
Au profond de la terre
Les désirs feutrés
D'éclaboussures parfumées
Feront-ils,
Alors ,
Tout éclater ?
(c) Véronique Vandamme décembre 2007
La Plume du Chat Rouge
Et je suis sortie de la gare par la grande entrée. La première chose que je vois alors au loin, au sommet d’un très grand bâtiment, près du ciel, écrit noir sur blanc avec un très gros pinceau « Demain j’arrête ». Une image surréaliste. Qui a pu escalader l’échafaudage si haut pour écrire ces mots en très grand, presque accroché au ciel.Cette image et cette question m’a accompagnée toute la journée et une histoire s’est racontée dans ma tête tout au long du jour.
La voici :
Dans un très grand royaume, il y a très longtemps. Parce que les belles histoire étranges se passent toujours dans de très grand royaumes il y a très longtemps. Dans ce royaume il y avait donc un jeune roi. Ce jeune roi était roi depuis peu de temps, mais il avait beaucoup d’idées, beaucoup d’énergie, beaucoup d’ambitions. Il était infatigable. En fait, il ne s’arrêtait jamais. Il avait une très belle femme, la reine. Il passait ses journées à tenir des réunions avec ses ministres et ses conseillers, ses soirées à des concerts, des spectacles, des dîner, ses loisirs à voyager, à faire du sport, à chasser, à découvrir de nouvelles contrées. Il écoutait toujours trois conversations à la fois, parlait toujours à deux personnes en même temps tout en écrivant quatre lettre et en lisant cinq livres. Sa femme très belle regardait son époux virevolter comme un tourbillon. Un soir entre deux conversation, elle parvient à lui dire qu’elle aimerait le voir s’arrêter de temps en temps, qu’ils puissent passer du temps ensemble avec leurs enfants à ne rien faire. Comme le roi aimait sa famille, il lui promet que le lendemain il s’arrêtera, ça sera un jour de repos. Mais, le lendemain, un rendez-vous très important ne peut pas attendre, le surlendemain non plus. Et les jours passent ainsi, jusqu’à ce que la reine n’en pouvant plus s’effondre devant lui. Conscient de la gravité de la situation, il décide de prendre les choses en main et fait convoquer son meilleur conseiller qui est aussi un peu magicien. Comment faire pour tenir sa promesse et s’arrêter ? Il s’en sent absolument incapable. Le magicien lui dit alors qu’il ne peut pas l’aider, que c’est sa propre volonté qui le fera s’arrêter. Qu’il doit puiser à l’intérieur de lui toute la volonté dont il a besoin. Sa femme allant de plus en plus mal, n’ayant plus le temps de s’occuper de ses enfants, il est désespéré. Mais il n’arrive toujours pas à s’arrêter. Un soir faisant les cent pas dans sa chambre, il regarde par la fenêtre la plus haute tour de la ville. Une immense tour blanche, magnifique qui brille sous la lune. Ni une, ni deux, il s’élance à l’extérieur, attrape un pot de peinture noire dans une remise et s’avance vers la tour. Comme il était très sportif, il grimpe quatre à quatre les marches des cent étages de l’immense tour. Il s’attache à un grand élastique et enjambe le rebord des fenêtres. Il n’a peur de rien et trace d’immenses lettres noires : « DEMAIN, JE M’ARRETE ». Ravi de son exploit, il rentre chez lui et montre à sa femme l’immense phrase qu’il a écrite. « Oui » répond-elle simplement.
Le matin suivant, le roi se précipite à la fenêtre et lis en grande lettres noires « DEMAIN, JE M’ARRETE » et il prend soudain conscience que chaque matin il devra lire en très grand ces même mots « DEMAIN, JE M’ARRETE ».
Toute la ville d’ailleurs pouvait lire ces mêmes mots chaque matin. Si bien que plus personne dans la ville ne pouvait s’arrêter, attendant toujours ce « DEMAIN » qui n’arrivait jamais. La situation était catastrophique, les gens, et le roi en particulier, étaient épuisés.
Le roi rappelle donc son conseiller-magicien :
- Que dois-je faire, dis-moi, je t’en supplie.
- Je ne peux pas t’aider, c’est ta volonté qui est en jeu…
- Mais, je suis épuisé
Rassemblant ses dernières forces, le roi prend un pot de peinture blanche et un pot de peinture noir. Péniblement il monte les cent étage jusqu’en haut de la tour et avec l’énergie du désespoir, il efface le mot « DEMAIN » et le remplace par « AUJOURD’HUI ».
Il se couche épuisé et le lendemain matin, il regarde par la fenêtre avec sa femme les grandes lettres « AUJOURD’HUI, JE M’ARRETE ». Et heureux, il passe la journée assis et couché à se reposer avec sa femme et ses enfants. Mais quand vient l’heure du repas, personne n’a rien préparé. Toute la ville s’est aussi arrêtée. Il se couche le ventre vide.Le lendemain matin, le soleil se lève sur les lettre noire : « AUJOURD’HUI, JE M’ARRETE » et le roi comprends d’un coup les terribles journées qui les attendent. La ville entière est plongée dans une torpeur dont il est lui-même la cause.Si faible, il n’arrive presque plus à bouger.
Mais alors que toute la ville est clouée dans une inertie pesante, le roi entend des rires dans les couloirs et dans les rues. Ce sont les petits enfants qui rient à gorge déployée et chantent à tue-tête. Quel prodige avait pu ainsi épargner les plus petits enfants ?
- Papa, pourquoi toutes les grandes personnes sont si fatiguées ?
- Regarde ce que j’ai écris au sommet de la plus haute tour mon amour.
- Mais, papa, je ne sais pas lire !
Alors, puisant au plus profond de lui-même, encouragé par les rire et les chants des enfants, le roi grimpe une troisième fois en haut de la plus haute tour.Il y efface les mots « JE M’ARRETE » et les remplace par « JE VIS »« AUJOURD’HUI, JE VIS », c’est ce qu’on peut encore lire aujourd’hui au sommet de cette très haute tour, dans ce pays où les gens vivent heureux depuis longtemps.
La morale pourrait être : « Si tu croises un chat rouge, essaie de l’attraper par une plume, il a certainement des vérités importantes à dire. Des vérités que toute le monde connaît, mais dont personne ne se souvient…»
(c) Véronique Vandamme 28 avril 2006
La voici :
Dans un très grand royaume, il y a très longtemps. Parce que les belles histoire étranges se passent toujours dans de très grand royaumes il y a très longtemps. Dans ce royaume il y avait donc un jeune roi. Ce jeune roi était roi depuis peu de temps, mais il avait beaucoup d’idées, beaucoup d’énergie, beaucoup d’ambitions. Il était infatigable. En fait, il ne s’arrêtait jamais. Il avait une très belle femme, la reine. Il passait ses journées à tenir des réunions avec ses ministres et ses conseillers, ses soirées à des concerts, des spectacles, des dîner, ses loisirs à voyager, à faire du sport, à chasser, à découvrir de nouvelles contrées. Il écoutait toujours trois conversations à la fois, parlait toujours à deux personnes en même temps tout en écrivant quatre lettre et en lisant cinq livres. Sa femme très belle regardait son époux virevolter comme un tourbillon. Un soir entre deux conversation, elle parvient à lui dire qu’elle aimerait le voir s’arrêter de temps en temps, qu’ils puissent passer du temps ensemble avec leurs enfants à ne rien faire. Comme le roi aimait sa famille, il lui promet que le lendemain il s’arrêtera, ça sera un jour de repos. Mais, le lendemain, un rendez-vous très important ne peut pas attendre, le surlendemain non plus. Et les jours passent ainsi, jusqu’à ce que la reine n’en pouvant plus s’effondre devant lui. Conscient de la gravité de la situation, il décide de prendre les choses en main et fait convoquer son meilleur conseiller qui est aussi un peu magicien. Comment faire pour tenir sa promesse et s’arrêter ? Il s’en sent absolument incapable. Le magicien lui dit alors qu’il ne peut pas l’aider, que c’est sa propre volonté qui le fera s’arrêter. Qu’il doit puiser à l’intérieur de lui toute la volonté dont il a besoin. Sa femme allant de plus en plus mal, n’ayant plus le temps de s’occuper de ses enfants, il est désespéré. Mais il n’arrive toujours pas à s’arrêter. Un soir faisant les cent pas dans sa chambre, il regarde par la fenêtre la plus haute tour de la ville. Une immense tour blanche, magnifique qui brille sous la lune. Ni une, ni deux, il s’élance à l’extérieur, attrape un pot de peinture noire dans une remise et s’avance vers la tour. Comme il était très sportif, il grimpe quatre à quatre les marches des cent étages de l’immense tour. Il s’attache à un grand élastique et enjambe le rebord des fenêtres. Il n’a peur de rien et trace d’immenses lettres noires : « DEMAIN, JE M’ARRETE ». Ravi de son exploit, il rentre chez lui et montre à sa femme l’immense phrase qu’il a écrite. « Oui » répond-elle simplement.
Le matin suivant, le roi se précipite à la fenêtre et lis en grande lettres noires « DEMAIN, JE M’ARRETE » et il prend soudain conscience que chaque matin il devra lire en très grand ces même mots « DEMAIN, JE M’ARRETE ».
Toute la ville d’ailleurs pouvait lire ces mêmes mots chaque matin. Si bien que plus personne dans la ville ne pouvait s’arrêter, attendant toujours ce « DEMAIN » qui n’arrivait jamais. La situation était catastrophique, les gens, et le roi en particulier, étaient épuisés.
Le roi rappelle donc son conseiller-magicien :
- Que dois-je faire, dis-moi, je t’en supplie.
- Je ne peux pas t’aider, c’est ta volonté qui est en jeu…
- Mais, je suis épuisé
Rassemblant ses dernières forces, le roi prend un pot de peinture blanche et un pot de peinture noir. Péniblement il monte les cent étage jusqu’en haut de la tour et avec l’énergie du désespoir, il efface le mot « DEMAIN » et le remplace par « AUJOURD’HUI ».
Il se couche épuisé et le lendemain matin, il regarde par la fenêtre avec sa femme les grandes lettres « AUJOURD’HUI, JE M’ARRETE ». Et heureux, il passe la journée assis et couché à se reposer avec sa femme et ses enfants. Mais quand vient l’heure du repas, personne n’a rien préparé. Toute la ville s’est aussi arrêtée. Il se couche le ventre vide.Le lendemain matin, le soleil se lève sur les lettre noire : « AUJOURD’HUI, JE M’ARRETE » et le roi comprends d’un coup les terribles journées qui les attendent. La ville entière est plongée dans une torpeur dont il est lui-même la cause.Si faible, il n’arrive presque plus à bouger.
Mais alors que toute la ville est clouée dans une inertie pesante, le roi entend des rires dans les couloirs et dans les rues. Ce sont les petits enfants qui rient à gorge déployée et chantent à tue-tête. Quel prodige avait pu ainsi épargner les plus petits enfants ?
- Papa, pourquoi toutes les grandes personnes sont si fatiguées ?
- Regarde ce que j’ai écris au sommet de la plus haute tour mon amour.
- Mais, papa, je ne sais pas lire !
Alors, puisant au plus profond de lui-même, encouragé par les rire et les chants des enfants, le roi grimpe une troisième fois en haut de la plus haute tour.Il y efface les mots « JE M’ARRETE » et les remplace par « JE VIS »« AUJOURD’HUI, JE VIS », c’est ce qu’on peut encore lire aujourd’hui au sommet de cette très haute tour, dans ce pays où les gens vivent heureux depuis longtemps.
La morale pourrait être : « Si tu croises un chat rouge, essaie de l’attraper par une plume, il a certainement des vérités importantes à dire. Des vérités que toute le monde connaît, mais dont personne ne se souvient…»
(c) Véronique Vandamme 28 avril 2006
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